ExSitu

Recherche et expérimentation artistique

Outils pour utilisateurs

Outils du site


prod:creation:meta-projet:geocyclab-le-film

Geocyclab, le film

(titre provisoire)

Film-essai, documentaire de création, film expérimental, road-movie

[Montage en cours] - Sortie prévue courant mai 2021
Formats envisagés : 52 ou 90 min


Note d'intention

Le tournage, effectué entre 2012 et 2015 dans le cadre de l'atelier mobile Geocyclab, n'a pas été conçu comme une réalisation de film mais plutôt comme un glanage régulier d'images et de sons sans objectif scénaristique. Cette mémoire audiovisuelle déclenche la création d'un objet filmique qui prendra la forme d'un film-essai, entre documentaire de création et film expérimental, en évitant l'écueil du “film psychédélique” ou de la collection de “cartes postales contemplatives”.

Moins que de tenter de faire vivre un voyage, il s’agit surtout de raconter une expérience passée et révolue, de mettre en scène l’exploration de sa mémoire, d’analyser ses traces, et de réinterpréter le “carnet de bord” d’un atelier mobile.

Le film sera un point de vue sur le monde, tel qu'il a été perçu le long d'un itinéraire bitumé; un portrait nécessairement subjectif, marqué par les contrastes, disparate, bigarré et polyphonique. Portrait aussi d'un temps, d'une époque, d'une ère peut-être, celui de l'anthropocène, en prenant soin de reconstituer cette découverte permanente entre paysages naturels grandioses et urbanisation mégalopolitaine, cette énergie partout présente, cette croissance incoercible aux reflets tous aussi poétiques, qu'horrifiants ou absurdes.



Plusieurs années ont passé depuis la captation de ces images et sons par Fanch et Barth, et les souvenirs qui leur sont associés commencent à peine à se dissiper. Afin d'affirmer d'avantage cette prise de recul, et pour faire face à la quantité de rushs, Erwann Babin et Eric Thomas ont été conviés à partager cette expérience de montage à huit mains.

Production : Tita Productions
Producteur : Laurence Ansquer
Réalisation : Fanch Dodeur, Barth Péron, Erwann Babin, Eric Thomas
Images et sons : Fanch Dodeur et Barth Péron
Montage image : Barth Péron, Erwann Babin
Montage son : Fanch Dodeur, Eric Thomas
Mixage son : Eric Thomas

L'intégralité du film est réalisé avec des outils et logiciels open-source

Teaser

Premiers tests de montage à huit mains - Mars 2020

Contexte

La réalisation de ce film s'inscrit au sein d'un méta-projet de restitution, où un ensemble de productions artistiques rendent, ou rendront compte prochainement, de l'aventure qu'a été Geocyclab, un tour du monde en atelier nomade (2012-2015). L'idée d'un long-métrage dialogue ainsi, tout en s'en distinguant, avec des installations numériques comme BackUp, des travaux d'édition, des conférences ou d'autres productions audiovisuelles telles que les Haïkus ou reportages sur le Libre.

Le tournage étant considéré comme achevé, le film va s'écrire au montage, avec la contrainte de ne pouvoir s'appuyer que sur ce que racontent les images et les sons, indépendamment de l'histoire de leur captation. Après avoir élagué de nombreuses intuitions et pistes de travail, le synopsis suivant indique les différents axes que nous avons choisi d'emprunter pour nous guider :

Synopsis

Trames scénaristiques

Suivant cette idée de réaliser un portrait du monde traversé, il apparaît comme nécessaire d'effectuer une déconstruction chronologique au profit d’une narration thématique ou systématique, transformant ainsi les différentes cultures rencontrées en trois ans en un même creuset culturel international.

Géocycle

Contrainte d'un cycle de 24 heures

Suivre le phénomène naturel universel de la rotation de la Terre sur elle-même, en commençant le film au lever du soleil, lui faire suivre un zénith, puis un coucher de soleil, une nuit et de nouveau un lever de soleil, de manière à recréer cette sensation de boucle qui était à la base du voyage. Les plans seront ainsi sélectionnés, triés ou éliminés en fonction de leurs luminosités. Le scénario s’établira progressivement sur des tranches horaires.


Anthropocène

Même s'il avait été imaginé durant les préparatifs du voyage, l'impact de l'homme sur son milieu naturel a été particulièrement frappant durant presque tout le périple, au point qu'il paraisse comme incontournable d'en rendre compte. L'une des difficultés sera de prendre soin de se démarquer du nombre déjà important de films réalisés à ce sujet (dès 1936 avec certains précurseurs puis de manière exponentielle jusqu'à nos jours) en tentant d'apporter un point de vue personnel à cette récente prise de conscience citoyenne environnementaliste.

Une découverte graduée..

Commencer par des images qui renverraient à une forme de cosmogonie (gros plans sur les minéraux, mousses végétales, l'élément aqueux, etc.)…



Poursuivre par des paysages sauvages et entièrement naturels…



Poursuivre avec des paysages de plus en plus anthropocènes jusqu'aux mégalopoles frénétiques et usines polluantes…



Jusqu'à aborder le désenchantement de cette frénésie généralisée (déchets, usines polluantes, pauvreté, frontière américaine, etc.)…


L'Humanité en action

Un film sans personnages principaux, image d'un creuset culturel

Les auteurs Fanch Dodeur et Barth Péron n'apparaîtront pas comme des acteurs-voyageurs, mais plutôt sous la forme de caméo, au même niveau que les autres, silhouettes furtives ou figurants exécutant une action sans évolution narrative propre (prise de son, déplacement à vélo, flûte, etc.). De la même manière, les montures qu'étaient les vélos n’apparaîtront qu'au même niveau que d'autres moyens de locomotion rencontrés sur la route.

Un plan introductif à la lenteur donquichottesque, placé en exergue du film suffira à rendre compte de la démarche initiale du voyage.



Les particularités des différentes cultures traversées et filmées seront sans cesse brassées pour former l'image d'une seule et même humanité qui renvoie au phénomène amalgamant de la mémoire conservée de ce voyage.

L'humain comme spectateur, acteur et/ou victime de l'anthropocène

Il y a peu de véritables portraits d'individus filmés, l'humain se présente en terme générique, sans rencontre individualisée. En développant la trame de l'anthropocène, l'être humain apparaîtra graduellement dans le film, du désert à la surpopulation urbaine.



En conservant l'idée d'un film recréant le rythme d'une journée, émerge alors la construction d'un emploi du temps générique fictif.

Les occupations de types sédentaires se déclineront sous forme de thématiques.

Ainsi, filmés dans des lieux de travail, certains rushs peuvent se monter sous forme de scènes indépendantes : extraction du souffre dans le Kawah Ijen (Java), impression des tissus en Indonésie, sculpture sur bois en Indonésie, pêcheurs rangeant leurs bateaux le long de la plage du port artisanal de Nouakchott, pêcheurs en Malaisie, fondeurs de gamelles en Mauritanie, plasticienne en Serbie. A cela pourraient s'ajouter quelques plans de constructions et bricolages réalisés dans différents ateliers, FabLabs, hackerspaces visités au cours du périple (Mexique, Malaisie, etc.).



Les moments d'oisiveté sont marqués par l'alimentation. Les gens font leurs courses, dépècent des chèvres, cuisinent (au feu, au gaz, dans la rue, au bord de la route, dans des restaurants, des gargotes ou des tentes), mangent.



Le temps libre est destiné aux jeux (jeux de ballons, foot, sepak takraw, cartes, cerf-volants, etc.) mais aussi souvent à la pratique de la musique (sacrée ou ludique), de la danse, ou des pratiques traditionnelles pyrotechniques (cérémonie du Hungry Ghost en Malaisie). Ces plans peuvent s'amalgamer dans des séquences où le monde entier semble jouer de la musique et danser selon une forme de rituel planétaire.




Notons au passage qu'une séquence se construira probablement autour de la fabrication, les gestes des gens qui fabriquent des choses (électronique, soudure, fonderie, pelleteuses, etc.) s'enchaîneront en rythme comme s'ils s'ingéniaient à une même invention collaborative, comme si tous contribuaient à un objectif qui les dépasse individuellement.

Une mobilité permanente

Illustration encore des caractéristiques de l'anthropocène et nécessairement liée aux conditions de notre voyage, l'être humain semble en mouvement permanent qu'il s'agisse de migrations pendulaires ou d'émigrations internationales.

Souvent posée, la caméra capte des ambiances de villes ou de campagnes, dans lesquelles les personnes filmées sont en mouvement. Elles traversent le cadre dans tous les sens. Il serait possible de monter une séquence en jouant sur les “raccords mouvements” de manière à rendre compte d'un flux continu d'individus dont les mouvements s'enchaînent sans qu'ils en aient conscience à des kilomètres de distance. L'effet de montage produirait tout à la fois une sensation fictionnelle d'homme mondial doué d'ubiquité (se lever d'une terrasse au Maroc, traverser une rizière en Indonésie, grimper dans un téléphérique en Autriche, acheter une mangue sur un marché au Sénégal, etc.), comme possédé par un réflexe consistant à se mouvoir a priori de manière autonome mais finalement toujours en direction des centres urbains surpeuplés où l'individu se perd et disparaît au cœur de foules grouillantes.



Toujours sur l'idée d'une humanité en mouvement permanent, de nombreux plans de caméra embarquée peuvent se coller les uns aux autres dans de longs travellings aux véhicules différents (taxis, voitures, camions, remorques, trains, tramways, vélos, bateaux, ascenseurs, etc.).



L'homme bute aussi sur les frontières, la frontière Mexique-USA étant la plus violente visuellement.


Immobilité songeuse

A contrario, beaucoup de plans montrent aussi une humanité au regard absent, absorbée par ses pensées entre la neurasthénie et la rêverie, la fatigue et la contemplation amusée, l'attente ou le repos. Ces scènes représenteront des temps de pause dans la narration même du film, comme de logiques ou brutaux contrechamps fictifs de la vivacité des champs précédents.


Séquences thématiques

Listes de scènes ou de sélections thématiques à incorporer au plan du film

Ahmed le gardien de camping sauvage - Seul portrait vidéo étoffé de multiples plans de son habitat rustique avec plusieurs minutes d'interview. Il semble contempler le monde du fond de sa tente.



Fêtes foraines presque artisanales en Birmanie et Indonésie - Ces images seront à employer comme une métaphore des boucles permanentes qui agitent le monde



Macaques Rhésus sur les toits des villes indiennes - Une vie naturelle totalement urbanisée se développe sur les toits des villes, observatrice et surplombante, elle semble offrir un point de vue sur la vie de ces cousins primates. On pourrait partir d'eux pour lancer une séquence de vues prises depuis les toits.



Vues des toits - Descente des toits via ascenseur (MVI_9568) qui pourrait s'enchaîner avec une série de plans caméra embarquée derrière des vitres (train, tramway, voiture, etc.).

Intercaler des plans d'installations, de créations ou de performances réalisées durant le voyage. Comme une rythmique, un rendez-vous. (Adhan - Mehndi - Float Drop - Techno Griot - Communication Inappropriée - Comment troubler le silence du désert)

L'eau (océan, mer, fleuve, rivière, cascade, canalisations, bateaux, vagues, etc.)

Animaux (En milieu naturel, domestiques ruraux, domestiques en milieu urbain, sauvages en milieu urbain)

Autre particularité récurrente, induite par notre matériel de captation (des boîtiers photographiques), beaucoup de personnes filmées prennent des poses pour se faire photographier. Ces rushs nous éclairent sur cette manière universelle de se mettre en valeur, les postures et l'inventaire des signes de doigts qui complètent la pose (V, twix, jul, etc.).

La place du son

Parfois en équilibre, parfois en concurrence, l'image et l'audio entretiennent une relation mouvante pouvant aller jusqu'à l’effacement partiel ou total de l'un ou de l'autre. Le son viendra rehausser le propos des images, parfois le questionner et si nécessaire le contredire, et de ces interactions naîtra un support inattendu de réflexion que nous utiliserons pour enrichir la trame narrative du film.

Exploration sonore

La bande-son alternera captations audio explicites, textures sonores, micro-montages, granulations et silences. Comme pour l'image, nous prenons le parti de ne pas faire de nouveaux enregistrements et de nous contraindre à la banque de sons collectés lors du voyage (plus de 1000 sons).

Les captations ont été réalisées avec une oreille influencée par la musique concrète et les évolutions des méthodes d’échantillonnage (sampling, granulation…), ce qui nous mène à appréhender le montage audio comme la continuité d'une démarche, et à explorer cette matière sonore à la recherche d'une musicalité hybride, de rythmiques cachées et de polyphonies harmoniques ou culturelles.

Il nous semble également pertinent d'inclure les notions de mouvement, de nuance et d'espace dans l'exercice de composition en optant pour une approche spatialisée de la diffusion sonore (5.1, quadriphonie…).

[Docu] Le film

LE PAD DE TRAVAIL

Étapes de travail

Phase 01 | Montage de petites séquences à huit mains

Partant des images et sons de la mémoire de Geocyclab, chacun réalise plusieurs séquences de quelques minutes (visuelles ou sonores), afin de constituer une collection commune qui servira de base à la constitution d’un format long par la suite.


Phase 02 | Imbrication des séquences en un montage unique

Une fois la collection constituée, les séquences vont converger et s’agglomérer au cours d’une phase de travail collective, toujours de manière intuitive, et en associant images et sons, afin de faire émerger peu à peu un objet plus long.

Les scènes s'imbriqueront progressivement en séquences, elle-mêmes s'agrégeant en parties qui formeront le film. Cette méthodologie parcellaire fonctionnera sur la base de nombreux aller-retours entre image et son (l'un influençant l'autre et vice versa) de manière à coconstruire cet objet audio-visuel.


Ce premier montage sans doute un peu brut, va permettre de valider la structure globale du film, de fixer une forme de narration, des principes de montage, un vocabulaire. De nouvelles séquences pourraient alors voir le jour pour compléter, relier, balancer, équilibrer les premières pistes de travail.

Chronologie

En mars 2019, durant une résidence en milieu scolaire au collège Henri Le Moal de Plozévet portée par l'association Arts à la Pointe, l'ensemble du matériel vidéo et sonore glané à travers le monde durant trois ans de voyage a été dérushé en compagnie d'Erwann Babin. Cinq semaines d'écriture pour voir ou revoir les images, écouter l'ensemble des pistes sonores, remémorer le voyage, interroger les intentions qui le portaient, et faire un point important sur ce qui en ressort quelques années plus tard et sur ce que nous aimerions en dire.


En décembre 2019, en résidence à Lolab (Nantes), nous trions les 3500 plans. Les plans comprenant les vélos, Fanch et Barth ainsi que leurs amis, jugés trop proches d'un making-off, sont mis de côté. Les autres plans sont renommés en intégrant des mots-clés (cf. document ci-dessous). Cela permet d'effectuer de premiers tris rapides et d'amorcer des logiques de montage. De la même manière, les sons sont triés en fonction des sujets, des formats et des qualités.


En février 2020, à l'occasion d'une première réunion du quatuor au complet, la méthodologie de travail s'affine, avec le lancement d'une première phase de montage pendant laquelle chacun va produire une série de micro-montages (audio ou vidéo de quelques minutes) en suivant son intuition, ses envies, ses surprises… Un premier rendez-vous avec Tita Production lance officiellement le projet, nous laissant entrevoir différentes pistes de financement et de diffusion.


Courant mars et avril 2020, les premiers micro-montages apparaissent à la faveur du confinement de la Covid-19. Ils permettent de la réalisation d'un premier essai de montage qui accompagne notre candidature au dispositif FACCA (Fonds d’aide à la création cinématographique et audiovisuelle) de la région Bretagne.


Début août 2020, la refonte de notre méthodologie de travail à distance, et la synchronisation des systèmes et logiciels entre nos quatre machines nous occupent le temps d'une session de travail de trois jours à Nantes. Nous avons désormais tous le système “Linux Ubuntu” et les mêmes outils (Kdenlive et Ardour).


Le 24 septembre, un rendez-vous rassemble toute l'équipe chez Tita Productions pour affiner la stratégie de financement et de diffusion suite à l'obtention du FACCA, et faire un point sur le planning des mois à venir.


Début novembre, une semaine de résidence sur l'île Wrac'h… Écriture, montage


Février 2021, résidence sur l'île Tristan ?…


Fin avril 2021 : Finalisation


Rushs

La majorité des enregistrements sonores et vidéo ont déjà été intégrés à la cinquantaine de courts métrages et les quatre-vingt trois Haïkus publiés en ligne au fil de la route. Néanmoins, nous avons pris le plus grand soin, au prix parfois de certains sacrifices, de sauvegarder l’ensemble de ces rushs dans l’idée d’une réutilisation à notre retour.

Existant

Sans compter les nombreuses interviews des Objets Libres et les tournages des Checkpoints (interviews de nous-mêmes), environ 35 heures de rushs vidéo et 50 heures d'enregistrements sonores sont exploitables pour le montage. Un premier enjeu consiste donc à relier et faire discuter ces archives entre elles, en exploitant les éventuelles analogies thématiques, esthétiques ou plastiques qu’elles contiennent.

Format des RUSHS Codec Détails
AUDIO WAV (audio/x-wav) PCM S16 LE (s16l) 96000 Hz - 16 bits
VIDEO MOV H264 - MPEG-4 AVC (part 10) (avc1)25 fps 1920×1080 pixels

Nomenclature : Pour faciliter la navigation, et permettre une approche thématique dans cette quantité de rushs, un système de nomenclature a été défini et appliqué à l'ensemble des fichiers. Différents mots-clés ont ainsi été ajoutés aux noms des fichiers.

Les document ci-dessous présentent la liste de tous les rushs existants, ainsi que les mots-clés intégrés dans les titres de fichiers, pour l'image comme pour le son :

Matériaux à créer...

Bien que cela ne paraisse pas nécessaire pour le moment, quelques pistes de productions supplémentaires d'images pourraient venir nourrir le montage :

  • La captation du déballage des 1000 objets Tournage des 1000 objets
  • Plans macros abstraits sur le vélo en studio (chaîne, plateaux, pignons et dérailleurs en action)
  • Interviews de spécialistes pour les sujets techniques (Libre, Art contemporain…)
  • Interviews skype ?
  • La conception d’une charte graphique semble nécessaire pour l’intégration visuelle de données (sous-titres, légendes, informations textuelles, repères géographiques…).

Outils

En cohérence avec la démarche d'ExSitu et les contraintes définies pour Geocyclab, les outils mis en œuvre pour la réalisation de ce film feront appel, dans la mesure du possible, à des solutions logicielles libres.

Nom Version
Système Ubuntu 20.04.1 LTS
Montage vidéo Kdenlive20.08.0
Montage audio Ardour 6.2
Granulation audioPuredata

Méthodologie

Pour garantir une fluidité de travail entre les quatre co-réalisateurs du film, un protocole précis a été déterminé, une chaîne de travail sur mesure intégrant les spécificités des différents logiciels libres utilisés.

Fichiers

Pour assurer un archivage efficace en vue de l'assemblage final de toutes ces séquences, une nomenclature particulière est appliquée, aussi bien aux fichiers “projets” qu'aux différents “exports” générés.

Protocole de nommage des fichiers

Chaque fichier de projet (.kdenlive ou .ardour) doit être nommé selon le modèle suivant. Les exports (.mp4 ou .wav) qui lui correspondent doivent également avoir le même nom.

Quand une séquence est partagée avec les autres, elle fige une “version” (ex : v01)

Si les retours réclament des modifications ou si le créateur de la séquence souhaite poursuivre son travail après l'avoir partagé, il créé alors une nouvelle version du fichier (ex : v02). On conserve ainsi une archive de la précédente version (ex : v01)

Dans le cas (sans doute rare) où une version a été partagée, et que les nouvelles modifications réclamées nécessitent de reprendre à la version d’avant, on créé alors une nouvelle “branche” (ex : v02B à partir de la v01A, en conservant donc v02A)

Lorsqu'une séquence est créée à partir d'une séquence pré-existante (ex : montage vidéo sur une séquence audio) on reprend le nom de la séquence originale, suivi du nom de la séquence nouvellement créée. Deux “underscore” séparent alors les deux parties du nom de fichier. Le “mot-clé” ou “titre de séquence” peut être le même, mais peut aussi être différent si le besoin s'en fait sentir.

Grâce à ce système, les allers-retours entre “sons” et “images” seront visibles dans les titres des fichiers. Il convient d'appliquer le principe des “versions” et “branches” de la même manière pour ces allers-retours.

Si d’autres logiciels (ex : puredata pour la granulation sonore) ou des exports intermédiaires (ex : ralentissement, timelapse…) sont utilisés en amont de la création d’une séquence, il appartient à chacun d’archiver ces fichiers, si possible en utilisant le même protocole de nommage.

Pistes

Pour permettre des allers-retours fluides entre les montages vidéos et audio, le nombre et les noms des pistes ont été définis pour chaque logiciel (Kdenlive et Ardour)

Kdenlive | Montage vidéo



Les vidéos sont montées sur deux pistes (VID A et VID B).


La piste _Tampon ne sert que pendant le travail, elle doit être vide quand la séquence est partagée aux autres.


Le montage des sons directs (synchronisés aux images), alterne d'un plan à l'autre sur les deux pistes (DIR A et DIR B) en prenant soin d'étirer au maximum les poignées d'entrée et de sortie de chaque plan pour permettre leur éventuelle manipulation dans Ardour.


La piste DIR off permet de conserver jusqu'au bout les sons directs non-utilisés, pour les avoir sous la main au mix final.


Les deux pistes SYNC 1 et SYNC 2 accueillent le(s) export(s) des montages sonores pré-existants s'il(s) existe(nt).

Ardour | Montage audio



Le montage doit se faire sur un maximum de 4 pistes stéréo (8 canaux)

Partage

Chaque utilisateur est équipé des mêmes versions de logiciels (Kdenlive et Ardour), et dispose d'une copie conforme de l'ensemble des rushs. Lors des phases de travail “à distance”, et pour éviter les envois de fichiers audio et vidéo particulièrement lourds, seuls les fichiers de projets seront partagés par mail. Chaque utilisateur doit donc être en mesure de réaliser lui-même les rendus vidéos et audio :

Gestion des rendus sous Kdenlive

A l'ouverture d'un projet Kdenlive, une fenêtre signale “les clips ou fichiers manquants”. Il faut alors cliquer sur “Chercher récursivement” et sélectionner le dossier contenant les rushs.

Les rushs retrouvés sont alors cochés (à gauche de chaque ligne)

S'il reste des rushs non reliés (point rouge), répéter l'opération vers un autre emplacement (ici il s'agit du dossier contenant les exports de montages audio..)

Une fois que tous les rushs sont reliés, cliquer sur “OK”

Si le monteur image a bien travaillé, les points d'Entrée et Sortie sont déjà bien positionnés (barre bleue en haut de la timeline), et la timeline ne contient plus de clips après le point de Sortie, ni sur la piste video _Tampon

Pour faire un export de la séquence, aller dans Projet > Rendu

Dans la fenêtre qui s'ouvre :

  • Cocher “Plus d'options” (en bas à gauche) permet d'afficher la colonne de droite, juste pour vérifier que tout est en ordre..
  • Sélectionner le format d'export : Generic > MP4 - the dominating format (H264/AAC)
  • Sélectionner le dossier de sortie (en haut) et préciser le nom du fichier généré (par défaut c'est celui du projet kdenlive)
  • Choisir “Zone sélectionnée” plutôt que “Projet complet” (en bas) pour ne calculer qu'entre les points d'Entrée et Sortie.
  • Pour finir, cliquer sur “Vers un fichier” pour lancer le calcul.

Lorsque le calcul démarre, la vue bascule sur le deuxième onglet de la fenêtre. Une fois au bout du rendu, il est possible (si ce n'est conseillé) de “Nettoyer” la liste des tâches, avant de fermer la fenêtre.

On vient donc de générer un fichier MP4 présentant un mix stéréo aplati de toutes les pistes sons. Pour exporter chacune des pistes sons (non vides) séparément il faut répéter l'opération de rendu autant de fois que nécessaire avec les réglages suivants :

Tout d'abord prendre soin de “muter” toutes les pistes audio, sauf celle qu'on veut exporter.

Projet > Rendu pour rouvrir la fenêtre de Rendu, où on sélectionne cette fois-ci le format d'export : Audio only > WAV

Ne pas oublier de modifier le nom du fichier de sortie, en lui ajoutant -DIR-A, -DIR-B, -DIR-off, SYNC-1 ou SYNC-2 selon la piste exportée..

Répéter l'opération pour chaque piste audio non vide.

Au moment de fermer le projet, Kdenlive demande si l'on souhaite enregistrer les modifications. Pour conserver les liens à jour vers les rushs, il convient de répondre “oui”. Kdenlive génère alors une copie de sauvegarde du fichier (terminant par _backup0.kdenlive) qu'il vaut mieux supprimer directement dans l’explorateur de fichiers pour ne pas multiplier les copies.

Gestion des rendus sous Ardour

Lancer Ardour6 - Dans un Terminal

Sélectionner la session :

Dans l'onglet “Other Session”

→ Chercher dans “autre…“

Naviguer jusqu'au fichier .ardour de la session en question.


Missing file (fichier non trouvé)

Rechercher les fichiers audio

Cocher (par défaut) “Add chosen folder to search path, and try again”

“Click to choose an additional folder” : sélectionner “autre…“

Naviguer jusqu'au dossier RUSH_48K

Cliquer sur n'importe quel son (tout est normalement grisé, rien ne se passe mais c'est apparemment nécessaire)

Cliquer ensuite sur “Ouvrir” puis sur “Done”

La session est normalement chargée avec les fichiers audio correspondants


Exporter l'audio

Aller dans la barre de menu“Session”“Export”“Export to Audio File(s)“

(ou raccourci Alt+E)


Paramétrer l'export

Format → BWAV 24bit Export: BWF, 24-bit, Session rate

Location → Choisir le dossier ../RENDUS

Dans l'onglet “Time Span”, la première case doit être cochée (par défaut)

Dans l'onglet “Channels”, seule la case correspondant au Bus Master doit être cochée (aussi par défaut)


Enfin, cliquer sur “Export”

Pour compléter ce système de partage de fichiers, on associe à chaque projet (Kdenlive ou Ardour) un fichier .txt du même nom que le projet, dans lequel on notera des indications jugées utiles :

  • Nombre de pistes audio non vides
  • Modifications de timecode (durée, déplacement, troncature…) d'une version à l'autre
  • Questions, hésitations, intentions…
  • Etc…

[Docu] 52' TV

L'idée serait de réaliser un portrait d'ExSitu, de notre démarche d'artistes-chercheurs, et donc en arrière plan des différents outils, méthodes, valeurs, procédés qui nous animent (création continue, partage de connaissances, Libre, mobilité, autonomie…). Geocyclab est alors un exemple, une illustration, au même titre que les différentes expérimentations menées depuis la fin de ce voyage. Il reste à définir un ou plusieurs procédés narratifs en adéquation avec les objectifs du film.

Idées

artistes autrement - chercher autrement - créer autrement - autrement libre (?) - atelier hybride…

  • Un atelier mobile, en vélo, autour du monde, de 3 ans. Rupture avec l'atelier figé, cloisonné. Réflexion sur la lenteur, la rencontre, la mobilité, l'écologie et l'autonomie.
  • Un atelier ouvert où l'on conçoit, fabrique, documente et diffuse des idées, méthodes, œuvres, outils.
  • Un atelier ancré dans la culture du Libre, où l'on pense la manière de s'approprier le numérique.
  • Un atelier d'artistes ou un laboratoire de chercheurs ?
Matériaux possibles déjà tournés
Tournages supplémentaires possibles
  • Interviews Barth et Fanch
  • Tournage Île Wrac'h
  • Interviews Acteurs du Libre ? En France ? Distants (skype) ?
  • Interviews de spécialistes (artistes, philosophes, scientifiques…) ?

Éléments de scénario

Extraits du carnet de bord de Geocyclab

Jour 1 - Rue Sainte Catherine, Quimper Dimanche 30 septembre 2012 - 40 kms - Post n° 001

Première étape, courte nuit à Saint-Gouazec, chez Seb pour installer Linux sur un ordinateur sans système.

“Les ordinateurs chauffent, les légumes aussi. Il est 23h30 Seb tente d’installer une version de Linux sur notre ordinateur de bord sous les yeux attentifs de Barth. Ça parle de serveurs, d'octets et de RAM dans la pièce d'à coté, Fanchic touille la potée, je tourne la première page de mon carnet pour contempler le blanc de la suivante, je pense à demain. Nous sommes bel et bien partis.”


Jour 68 - Cortijo El Lanchar Jeudi 06 décembre 2012 - 0 kms - Post n° 068

Andalousie, tentative d'apprivoisement de Linux, première galère. A Quimper, une équipe se constitue de manière informelle, pour dépanner notre ordinateur à distance.

“Jeudi noir pour Geocyclab… La joie de Fanch hier soir lorsqu'il était enfin parvenu a installer les librairies Arduino qui nous serviront à faire différentes installations, s'est transformée ce matin en panique. L'ordinateur ne fonctionne quasiment plus, ses fonctions vitales sont atteintes (wifi, montage de disque, son…), je fais donc une croix sur la journée de montage que je prévoyais…

Nous lançons quelques bouteilles à la mer dans l'espoir d'un sauvetage et vers midi, Piero de Linux Quimper vole à notre secours !!! C'est lui qui avait réussi à débloquer notre wifi au tout début du voyage, merci Piero !”


Jour 223 - Mbebess, décharge de Dakar Vendredi 10 mai 2013 - 0 kms - Post n° 223

Techno griot, œuvre réalisée à partir de téléphones portables achetés à Mbebess, la décharge de Dakar, là où “rien ne se perd, tout se transforme…“

On pourrait penser que Mbebess est le dernier maillon de la chaîne production-consommation-poubelle mais derrière ce dur spectacle, c'est un monde organisé, un business et une association parfaitement structurée. Tout est récupéré, absolument tout, des familles vivent ici et la décharge est leurs gagne pain. La bouffe pour les bêtes quand elle n'est plus consommable pour l'humain, tel type de plastique va à droite, l'autre à gauche, les boîtes métalliques ici, la taule là bas, les bouteilles en verre sont stockées ici en attendant d'être rachetées par un industriel, l'électronique (c'est ce qui m'intéresse) est mis de côté un peu plus loin et est destiné à répartir de cette morgue d'ici peu, il sera vendu au kilo…


Jour 523 - Yogyakarta Jeudi 6 mars 2014 - 0 kms - Post n° 506

Yogyakarta, Indonésie, rencontre avec un collectif de bio-hacker.

”…Et de fil en aiguille nous avons eu vent de l'existence de Life Patch, une sorte de bio-hacker-space où on bricole avec de l'électronique et du vivant d'une manière peut-être un peu plus alternative qu'au HonFabLab. C'est Andreas que nous avons principalement rencontré là-bas, ainsi que son ami Krishna qui est en train de lancer un projet de permaculture dans les alentours de Yogya, et quelques autres musiciens et artistes bidouilleurs qui fréquentent l'endroit. Parmi eux, [prod:creation:geocyclab:objets-libres:24-marc-dusseillier|Marc Dusseillier]], un suisse de passage ici, ingénieur en nanotechnologies de formation et qui collabore avec Life Patch en réalisant un tas de machines DIY inspirées d'appareils de recherche scientifique, comme par exemple un microscope basé sur une webcam que j'aurais rêvé avoir quand j'étais môme! …”


Jour 581 - Reprise d'antenne à KL Jeudi 31 juillet 2014 - 0 kms - Post n° 518

Kuala Lumpur, Malaisie, après le vol d'un sac à dos contenant plusieurs petites choses précieuses (Passeport + GPS + …) nous décidons de fabriquer notre nouveau GPS.

“Me revoilà dans l'atelier d’électronique, faisant face à ce petit problème de GPS disparu avec ce sac à dos dérobé. Et oui, vous l'aurez sûrement compris, ce petit appareil est essentiel pour Geocyclab, et il faut trouver une solution de remplacement. Deux options s'offre à nous. En racheter un tout neuf, solution rapide, simple mais onéreuse et sans challenge particulier… Ou en fabriquer un basé sur Arduino. Le challenge est bien réel pour le novice que je suis, mais ça semble réalisable… J'hésite encore, j'envoie un mail à Barth pour lui demander ce qu'il en pense… Il me donne son feu vert ! Ok, c'est parti.”

Le GPS Arduino

Alimenté par une petite batterie rechargeable en USB ou via un panneau solaire, le traceur GPS est donc potentiellement autonome. L’idée à terme serait d’en faire un réel outil de géolocalisation facilement modulable (par l’ajout de capteurs en tous genres, d’un écran, d’un module Bluetooth pour communiquer avec son smartphone…) destiné aux artistes « nomades » et aux chercheurs amoureux du terrain.


Jour 654 - Bilan de Yangon Dimanche 12 octobre 2014 - 0 kms - Post n° 536

Birmanie, rencontre avec Ubuntu Myanmar Loco Team.

“Enfin, notre séjour à Yangon a été l'occasion de rencontrer Chit Ko et Tho Hi, deux activistes du monde l'Open Source que nous avions contacté par mail quelques jours avant notre arrivée. Tous deux sont membres de la Ubuntu Myanmar LoCo Team, et nous parlé un peu de leurs activités devant notre caméra. Les choses se sont faites un peu sur le pouce, mais nous sommes très heureux d'avoir réussi à dégoter ce petit foyer de la culture de Libre qui a des rêves de FabLabs et de boutiques hardware plein la tête, dans un pays où internet vient à peine de débarquer.”


Pense-bête

Trouver quelqu'un(e) pour interview de Fanch & Barth ? Noémie Santa Maria ?..

Système d'assistants pour la réalisation (image et son)

Financement
prod/creation/meta-projet/geocyclab-le-film.txt · Dernière modification: 22 10 2020 de barth