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Jour 444 - Plaskett Creek

Mardi 17 décembre 2013 - 60 kms - Post n° 446



Fanch : Ma nouvelle popote fonctionne bien, il suffit juste d'être un peu plus patient. Il est 6 heure 30, l'eau chauffe pour le café et je viens d'avaler un bol de purée reconstituée et ainsi faire le plein de sucre lent pour une journée intense.

Malgré l'heure avancée, le jour et déjà levé depuis une trentaine de minutes quand je donne mon premier coup de pédale. Je m'élance à travers les collines dorés. Colline qui malheureusement sont toute et sans exception entourées, clôturées de grillages et de barbelés qui m’accompagne sur la route. Nous sommes au pays de la liberté certes, mais entre la chaussée et les propriétés privées à n'en plus finir il n'y a pour zone franche qu'une étroite bande d'herbe séchée et c'est franchement limité comme territoire d'expression. L'accès aux plages est aussi réglementée. On ne peut pas y dormir, pas faire de feu, elles ferment la plupart du temps au couché du soleil et les rangers du coin veille au grains. Enfin bon, les californiens sont sympas, ils ont aménagés des « Vista point » ou les automobilistes ont la possibilité d'admirer le paysage sans même sortir de leurs bagnoles… Ça reste le dernier lieux ou j'imagine bivouaquer (de toute façon, c'est aussi camping interdit)

Trêve de plaisanterie à ma gauche, le pacifique, à ma droite, des barbelés, un troupeaux de bovidé rumine nonchalamment en compagnie d'un quintet de Zèbres, chercher l'erreur.

Chouette, un autre vista point à 1/2 mile! Le panneau indique: « Elephant seal vista point ». Bon, ça gâche un peu la surprise mais au moins, je suis sûr de ne pas me tromper. Un éléphant de mer, ça pue, c'est pas super sexy et c'est énorme (2500 kilos pour les gros mâles). J'avoue que là c'est pas mal aménagé, les conducteur sont obligés de quitter leurs joujoux et de se garer sur les emplacement prévu à cet effet. Les clôtures longent le sable mais sont en bois cette fois (ça change du barbelé), elle surplombe la plage de à 2 mètres environs. Et… Il y a des dizaines peut être même plusieurs centaines d'éléphants de mer. Tout ce petit monde en période de bronzage intensif. C'est pas beaux ça? Les mâles s'adonnent à quelques vocalises, bien profondes et bien grasses, un bon nombre de femelles plutôt passives veillent sur une tripoté de petits jeunes, c'est d'après le dépliant, la saisons ou ils se retrouvent tous, au sec durant quelques semaine… Si vous voulez en savoir plus sur les éléphants de mer, je vous laisse demander à google ou à votre oncle océanographe.

La grimpette commence et j'atteins Ragged Point le temps d'une pause bouffe. Ce sera mon premier arrêt à un peu plus de 100 mètres au dessus des vague. À deux pas d'ici, la falaise plonge à la vertical et s'explose au contact de l'océan, c'est plutôt impressionnant. Le soleil brille, ce petit break est bienvenu, le panorama exceptionnel et les colibris sont contents.

Et c'est reparti, je pensais bien ne plus avoir guère à grimper, je galère un peu physiquement mais le jeu en vaut la chandelle. À 220 mètre, les vagues ne sont plus que des liserets blanc qui viennent surligner le rivage. L'horizon n'existe plus, un voile de brume se dépose au loin pour que le bleu du ciel et celui de l'eau ne fasse d'un. Le paysage se transforme en peinture surréaliste. Moi, j'en prends plein les yeux…

Je redescend de mon perchoir pour revenir à la réalité mais remonte à 200 mètre un peu plus loin et retrouve un autre paysage, toujours aux frontières de deux monde.





Anaïs : Vélo, endorphines, grimpettes, muscles qui grossissent presque à vue d'oeil, otaries qui flemmardent, paysages nouveaux, beauté, endorphines, nouilles chinoises, dodoooooo…


Barth : Après une nuit un peu agitée par le vent qui secouait la tente, nous émergeons juste avant le soleil et prenons le petit déjeuner en observant phoques et dauphins qui batifolent dans les premiers rayons. Puis nous reprenons la route. Une pause café et quelques courses à Cambria où l'on nous explique qu'un feu de forêt s'est déclenché à Big Sur (pourvu que ce ne soit pas Fanch, je m'en voudrais de ne pas lui avoir laissé le réchaud à alcool..!), puis les kilomètres défilent sur une route cernée de part et d'autre de barbelés qui n'annoncent pas vraiment le bivouac aisé… Un peu avant la nuit nous faisons halte pour admirer une troupe d'éléphants de mer affalés dans le sable derrière le grillage qui les protège des nombreux badaux agglutinés là.. Ou peut-être est-ce l'inverse ?…

Après avoir recroisé la cycliste guitariste qui nous avait doublé la veille le soleil commence à nous faire ses adieux. Avec 50 kms dans les pattes il est temps de trouver un endroit pour dormir, entre la route et l'océan, un peu à l'abri des regards et du vent, sur un terrain propriété de l'état. Le brouillard et l'humidité sont au rendez-vous, la soirée ne se prolonge donc pas.




prod/chronologie/publication/geocyclab/almanach/post-446.txt · Dernière modification: 02 04 2020 (modification externe)