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Jour 156 - Tarfaya

Lundi 4 mars 2013 - 0 kms - Post n° 156



Barth : C'est reparti pour une journée de boulot. Le pic de la tempête est passé, mais le vent du Sud souffle toujours fort et pour quelques jours encore selon les prévisions…

Après le déjeuner, la pluie est de retour, et dans ce pays où les toits sont plats, les fenêtres non jointées, les caniveaux inexistants, c'est vite la zizanie ! Je crois que c'est la première fois que je travaille sur un site internet assis sur un lit avec un centimètre d'eau au sol et les allers et venus de tout le personnel de l'hôtel qui écope, éponge, colmate, dans une humeur générale plutôt joyeuse ! Je voulais voyager en travaillant, me voilà servi…

Toujours est-il que la mise à jour du site est terminée ce soir. C'est la dernière majeure qui inaugure la galerie des « haïkus », présente une liste des « checkpoints », règles quelques questions dans les « objets libres » ou « ex-situ », et offre une nouvelle page d'accueil plus dynamique, avec un accès facilité aux contenus… Bref, tout est enfin prêt pour se concentrer uniquement sur la création. Il y a encore un peu de retard dans les montages vidéos mais ma prise en main du logiciel est maintenant assez avancée pour me rassurer sur le temps que j'y passerais. Et Fanch s'y est mis aussi, alors on va pouvoir se répartir le boulot un peu !


Fanch : La tempête semble ne pas perturber le quotidien de la population locale. La vie suit son cours malgré le sable qui fouette les visages. De l’extérieur tout paraît paisible ici, chacun vaque à ses affaires, tranquillement. Le rythme de vie n'est plus le même que dans le nord du pays et en ce sens j'ai le franc sentiment que l'occident s'éloigne.

Mais les signes du capitalisme croissant et les empreintes du colonialisme économique se tuilent à une culture dont les fondements sociaux sont extraits d'un texte sacré et qui plus est, millénaire. Le pays se développe sous la tutelle de l'Europe mais la religion et les traditions persistent. Il en résulte (pour nous occidentaux) des scènes quotidiennes truffées d'anachronismes et de paradoxes qui nous poussent d'avantage à interroger l'impact de la modernité sur les modes de vie. Enfin bref, c'est toujours la même question.

Culturellement parlant, l'ouverture des esprits n'est pas flagrante. L’intérêt pour les arts semble souvent se résumer à la musique traditionnelle et pop-traditionnelle (pour la nouvelle génération) ainsi qu'à l'artisanat et quelque peu à la peinture. C'est une constatation personnelle (je tiens à le préciser) mais pour le moment, excepté à Casablanca et à Rabat, nous n'avons que trop peu croisé de cinémas, de salles de spectacles, d'ateliers d'artistes, théâtres ou autre centres culturels. Abdhela (cf: jour 106, Casablanca) nous parlait de son désir de décentraliser la culture et de la rendre accessible, je comprends maintenant quelle est la nature de son combat.

Pour la petite histoire, quand on me demande quel est mon métier je réponds que je suis artiste, alors la question suivante est: artisan ou musicien ? Je suis toujours un peu gêné, je réponds en premier lieu que je suis musicien (ça passe bien en général) puis j'essaie tant bien que mal d'expliquer que je fais aussi de la sculpture sonore avec de l’électronique. Mais souvent la curiosité de mon interlocuteur, sûrement du fait de son incompréhension, s’estompe rapidement, il change de sujet… Et peut-être bien qu'il me prend pour un fou.

Il pleut, il vente… Mais au moins, ici on a le sentiment de vivre quelque chose d'exceptionnel.




prod/chronologie/publication/geocyclab/almanach/post-156.txt · Dernière modification: 02 04 2020 (modification externe)