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Plantes nomades

Exposition itinérante

Très Tôt Théatre - Entre Chien et Loup - C.A.C.T.U.S.
15 lieux | Finistère (29) | 8 mars au 23 avril 2021

Pour photosynthétiser, pour se nourrir, la plante consomme de l'eau, de la lumière et du CO2. Elle transforme ces éléments en glucides et en matières organiques, capte le carbone pour se structurer. Elle conserve les stigmates de la sécheresse et des tempêtes entre ses fibre et stocke de l'information dans chacune de ses cellules, de la plus haute des feuilles à la pointe des radicelles les plus profondes. Elle est un témoin du temps, capte son environnement pour s'y adapter et enregistre dans sa matière une fraction de l'histoire de notre atmosphère.

L'idée consiste à faire voyager une plante dans différents lieux, et de traduire de manière immédiate, sous forme plastique et sonore, ses signaux bioélectriques et les différents composés de l'environnement dans lequel elle évolue et dont elle se nourrit. Il s'agit aussi d'enregistrer les données récoltées, de les archiver pour tenter de reconstituer la mémoire de notre plante nomade.

Cette proposition est une réponse à la demande de “Très Tôt Théâtre” concernant le projet “l’Écume des Vents”, elle s'inscrit dans la continuité des recherches menée par le collectif ExSitu. L'objectif en sortie de résidence est d'avoir une première série de sculptures nomades destinée à sensibiliser le public (jeunes et moins jeunes) sur une multitude de questions environnementales.

Après cette aventure de trois mois, nous récolterons et analyserons ces archives avec l'intention d'en extraire le potentiel poétique, et de le restituer sous forme plastique et/ou sonore à la Pointe du Raz lors du rassemblement final de “l’Écume des Vents”.

Plantes-Nomades_Documentation

Description technique

Dans la suite de nos travaux autour des plantes (Phonosynthesis - De Natura Rerum - Singing Plants) nous imaginons un nouveau dispositif permettant de mesurer les variations métaboliques d'une plante (photosynthèse, respiration, activité micro-électrique…) et d'analyser en parallèle les conditions environnementales qui affectent cette même plante (température, pression atmosphérique, hygrométrie, mesures de gaz et de particules dans l'atmosphère, activité humaine, bruit…)

Le dispositif est réparti dans trois ExBoxs (boîtes en bois construites sur mesure pour l'occasion). Le premier contient l'ensemble des capteurs, le second enregistre les données captées et génère un réseau wifi local pour connecter les trois ExBoxs, et le troisième assure la sonification en direct des données captées.

Tous ces ExBoxs fonctionnent de manière autonome, et communiquent automatiquement entres eux via wifi. Une fois branchés à une prise de courant, ils ne nécessitent aucune manipulation particulière pour fonctionner. Une interface web permet de contrôler le volume d'écoute et de sélectionner les données que l'on souhaite écouter. Une documentation les accompagne pour assurer de bonnes conditions d'installation et désinstallation entre deux lieux.

Pour assurer une durée de séjour conséquente dans chacun des 15 lieux du parcours de “l'Écume des Vents”, cette installation nomade (1 plante + 3 ExBoxs) sera produite en 4 exemplaires.

FAQ

Questions posées par les différents groupes qui ont accueilli “les plantes nomades”

Comment les enfants ont choisi et enregistré les sons ?

Les élèves ont travaillé avec le musicien et compositeur Jean Christophe Désert, pour tenter d'imaginer quel bruit il serait possible d'associer à un ensemble d'éléments invisibles et silencieux. Ils ont choisi de prêter leurs voix à la plante et d'associer toutes sortes de sons de frottements, de sifflements étranges aux différents paramètres atmosphériques. C'est un travail d'interprétation subjectif.


Pourquoi le CO2 reste bloqué à 400 ?

La concentration de CO2 dans l'air est généralement de 400 ppm (parties par million des molécules qui composent l'air), le capteur de CO2 est d’ailleurs calibré par rapport à ce taux de C02. S'il reste bloqué à 400 ppm, cela signifie probablement que la pièce est bien aérée. Pour en avoir le cœur net, souffler doucement sur la boite contenant les capteurs tout en regardant l'évolution du CO2 sur l'interface.


La température est-elle donnée en degrés ?

Oui, la température est en degrés Celsius. Il possible qu'elle affiche une valeur supérieure à la réalité car la plaque sur laquelle est fixé le capteur a tendance à légèrement chauffer. Pour estimer la température réelle, il faut soustraire environ 3°C à ce qui est affiché.


Qu'est-ce que le “biofeedback” de la plante exactement ? (le nombre associé a varié de 7 000 à 20 000 dans la journée mais nous ne savons pas ce à quoi cela correspond). Qu'est-ce qui le fait varier ?

Le biofeedback correspond à la différence de potentiel bioélectrique de la plante, pour simplifier, nous pourrions dire que le biofeedback correspond à la conductivité de la plante. Le potentiel bioélectrique varie en fonction de l'humidité à la surface de ses feuilles. Les plantes s'adaptent en permanence à leur environnement, elles ferment ou ouvrent leurs stomates (l'équivalent des pores de la peau) pour réguler leur métabolisme en retenant ou en laissant s’échapper l'eau de leur organisme.


Les sons sont-ils transmis de manière aléatoire en correspondent-ils à quelque chose ? Est-ce que quand la plante dit “c'est cool”, c'est qu'elle se sent bien ? Pourquoi elle ne produit aucun son parfois alors que le biofeedback n'a pas vraiment varié ?

Le biofeedback affiché ne correspond à aucun évènement sonore (c'est en cours de développement). Les sons diffusés sont déclenchés quand le capteur détecte un changement d'état de la plante (qui peut-être aussi bien négatif que positif). Les fragments sonores sont effectivement sélectionnés de manière plus ou moins aléatoire dans la banque de sons produite par les élèves de Saint-Albin. Ce qui veut dire que quand la plante dit “c'est cool”, cela ne signifie pas nécessairement qu'elle va bien.


Qu'enregistrent exactement les électrodes sur les feuilles ?

Le potentiel électrique de la plante entre ces deux points. Mais les électrodes n'enregistrent rien, elles permettent simplement de connecter la plante au capteur qui se trouve dans la boite.


Est-ce que les sons liés aux capteurs varient en fonction de l'intensité de ce qu'ils mesurent (hygrométrie, température, pression, CO2…) ?

Oui, Pour l'hygrométrie et les particules organiques volatiles, plus le taux est élevé, plus la densité des événements sonores sera élevée. Concernant le CO2, la pression et la température, plus les valeurs captées sont élevées plus le pitch (la hauteur de la note) sera élevé. Quant à la colorimétrie de la lumière, plus le niveau d'une couleur est élevé, plus le volume de l'enregistrement correspondant est élevé.

prod/chronologie/expositions/plantes-nomades.txt · Dernière modification: 08 07 2021 de barth