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prod:creation:meta-projet:geocyclab-le-film

Geocyclab, le film

(titre provisoire)

Film-essai, documentaire de création, film expérimental, road-movie

[Montage en cours] - Sortie prévue début 2020
Formats envisagés : 52 ou 90 min




Images et sons : Fanch Dodeur et Barth Péron
Montage et réalisation : Erwann Babin, Fanch Dodeur et Barth Péron
Mixage son : Eric Thomas

utilisation d’outils et logiciels open-source

Note d'intention

Le tournage n'a pas été conçu comme une réalisation de film mais plutôt comme un glanage régulier d'images et de sons sans objectif scénaristique. Face à cette quantité de rushs, Erwann Babin a été convié à venir travailler au montage de cet objet filmique qui prendra la forme d'un film-essai, entre documentaire de création et film expérimental, en évitant l'écueil du “film psychédélique” ou de la collection de “cartes postales contemplatives”.

Moins que de tenter de faire vivre un voyage, il s’agit surtout de raconter une expérience passée et révolue, de mettre en scène l’exploration de sa mémoire, d’analyser ses traces, et de réinterpréter le “carnet de bord” d’un atelier mobile.

Le film sera un point de vue sur le monde, tel qu'il a été perçu le long d'un itinéraire bitumé; un portrait nécessairement subjectif, marqué par les contrastes, disparate, bigarré et polyphonique. Portrait aussi d'un temps, d'une époque, d'une ère peut-être, celui de l'anthropocène, en prenant soin de reconstituer cette découverte permanente entre paysages naturelles grandioses et urbanisation mégalopolitaine, cette énergie partout présente, cette croissance incoercible aux reflets tous aussi poétiques, qu'horrifiants ou absurdes.

Méthode de réalisation

Plusieurs productions artistiques rendent ou rendront compte prochainement de l'aventure qu'a été notre tour du monde en atelier nomade (2012-2015). L'idée d'un long-métrage se distinguerait donc des installations numériques (1000 objets), des conférences ou d'autres productions audiovisuelles telles que les Haïkus ou reportages sur le libre.

Le tournage étant considéré comme achevé, nous sommes dans le cadre d'un film qui s'écrit au montage avec la contrainte de ne pouvoir s'appuyer que sur ce que racontent les images et les sons indépendamment de l'histoire de leur captation.

Au cours d'un premier temps d'écriture réalisé durant une résidence en milieu scolaire au collège Henri Le Moal de Plozévet portée par l'association Arts à la Pointe, nous avons pris le temps de dérusher l'ensemble du matériel vidéo et sonore glané à travers le monde durant 3 ans de voyage. Ces 5 semaines nous aurons permis de voir ou de revoir les images, d'écouter l'ensemble des pistes sonores, de nous remémorer le voyage et de faire un point important sur ce que nous en retirions quelques années plus tard et sur ce que nous aimerions en dire.

Après avoir élagué de nombreuses intuitions et pistes de travail, le synopsis suivant indique les différents axes que nous avons choisi d'emprunter pour nous guider. Nous commencerons par monter des scènes qui progressivement s'imbriqueront en séquences, elle-mêmes s'agrégeant en parties qui formeront le film. Cette méthodologie parcellaire fonctionnera sur la base de nombreux aller-retours entre image et son (l'un influençant l'autre et vice versa) de manière à coconstruire cet objet audio-visuel.

[Docu] Synopsis

Trames scénaristiques

Suivant cette idée de réaliser un portrait du monde traversé, il apparaît comme nécessaire d'effectuer une déconstruction chronologique au profit d’une narration thématique ou systématique, transformant ainsi les différentes cultures rencontrées en trois ans en un même creuset culturel international.


Contrainte scénaristique 24H

Suivre le phénomène naturelle universelle de la rotation de la Terre sur elle-même, en commençant le film au lever du soleil, lui faire suivre un zénith, puis un coucher de soleil, une nuit et de nouveau un lever de soleil, de manière à recréer cette sensation de boucle qui était à la base du voyage. Les plans seront ainsi sélectionnés, triés ou éliminés en fonction de leurs luminosités. Le scénario s’établira progressivement sur des tranches horaires.




Découverte graduée de l'antropocène

Même si elle avait été imaginée durant les préparatifs du voyage, l'impact de l'homme sur son milieu naturel a été ce qui nous a le plus frappé durant le périple et ce dont il nous apparaît comme important de rendre compte. L'une des difficultés sera de prendre soin de se démarquer du nombre déjà important de films réalisés à ce sujet (dès 1936 avec certains précurseurs puis de manière exponentielle jusqu'à nos jours) en tentant d'apporter un point de vue personnel à cette récente prise de conscience citoyenne environnementaliste.

Commencer par des images qui renverraient à une forme de cosmogonie (gros plans sur les minéraux, mousses végétales, l'élément aqueux, etc.).



Poursuivre par des paysages sauvages et entièrement naturels.



Poursuivre avec des paysages de plus en plus anthropocènes jusqu'aux mégalopoles frénétiques et usines polluantes.



Jusqu'à aborder le désenchantement de cette frénésie généralisée (déchets, usines polluantes, pauvreté, frontière américaine, etc.).




L'Humanité en action dans sa diversité

Un film sans personnages principaux, image d'un creuset culturel

Les auteurs Fanch Dodeur et Barth Péron n'apparaîtront pas comme des acteur-voyageurs, mais plutôt sous la forme de caméo, au même niveau que les autres, silhouettes furtives ou figurants exécutant une action sans évolution narrative propre (prise de son, déplacement à vélo, flûte, etc.). De la même manière, les montures qu'étaient les vélos n’apparaîtront qu'au même niveau que d'autres moyens de locomotions rencontrés sur la route.

Un plan introductif à la lenteur donquichottesque, placé en exergue du film suffira à rendre compte de la démarche initiale du voyage.



Les particularités des différentes cultures traversées et filmées seront sans cesse brassées pour former l'image d'une seule et même humanité qui renvoie au phénomène amalgamant de la mémoire que nous conservons de notre voyage.

L'humain comme spectateur, acteur et/ou victime de l'anthropocène

Il y a peu de véritables portraits d'individus filmés, nous nous intéresserons à l'humain au terme générique sans rencontre individualisée. En développant la trame de l'anthropocène, l'être humain apparaîtra graduellement dans le film, du désert à la surpopulation urbaine.



En conservant l'idée d'un film recréant le rythme d'une journée, nous nous intéresserons ainsi à la recréation d'un emploi du temps générique fictif.

Les occupations de types sédentaires se déclineront sous la forme de thématique.

Ainsi, filmés dans des lieux de travail, certains rushs peuvent se monter sous forme de scènes indépendantes: extraction du souffre dans le Kawah Ijen (Java), impression des tissus en Indonésie, sculpture sur bois en Indonésie, pêcheurs rangeant leurs bateaux le long de la plage du port artisanal de Nouakchott, pêcheurs en Malaisie, fondeurs de gamelles en Mauritanie, plasticienne en Serbie. A cela pourrait s'ajouter quelques plans de constructions et bricolages dans les différents lieux où nous avons pris le temps de monter des installations au cours de notre périple (Mexique, Malaisie, etc.).



Les moments d'oisivetés sont marqués par l'alimentation. Les gens font leurs courses, dépècent des chèvres, cuisinent (au feu, au gaz, dans la rue, au bord de la route, dans des restaurants, des gargotes ou des tentes), mangent.



Le temps libre est destiné au jeux (jeux de ballons, foot, sepak takraw, cartes, cerf-volants, etc.) mais aussi souvent à la pratique de la musique (sacrée ou ludique), de la danse, ou des pratiques traditionnelles pyrotechniques (cérémonie du Hungry Ghost en Malaisie). Ces plans peuvent s'amalgamer dans des séquences où le monde entier semble jouer de la musique et danser selon une forme de rituel planétaire.




Notons au passage qu'une séquence se construira probablement autour de la fabrication, les gestes des gens qui fabriquent des choses (électronique, soudure, fonderie, pelleteuses, etc.) s'enchaîneront en rythme comme s'ils s'ingéniaient à une même invention collaborative, comme si tous contribuaient à un objectif qui les dépasse individuellement.

Une mobilité permanente

Illustration encore des caractéristiques de l'anthropocène et nécessairement lié aux conditions de notre voyage, l'être humain semble en mouvement permanent qu'il s'agisse de migrations pendulaires ou d'émigrations internationales.

Souvent posée, la caméra capte des ambiances de villes ou de campagnes, dans lesquelles les personnes filmées sont en mouvement. Elles traversent le cadre dans tous les sens. Il serait possible de monter une séquence en jouant sur les “raccords mouvements” de manière à rendre compte d'un flux continu d'individus dont les mouvements s'enchaînent sans qu'ils en aient conscience à des kilomètres de distance. L'effet de montage produirait tout à la fois une sensation fictionnelle d'homme mondial doué d'ubiquité (se lever d'une terrasse au Maroc, traverser une rizière en Indonésie, grimper dans un téléphérique en Autriche, acheter une mangue sur un marché au Sénégal, etc.), comme possédé par un réflexe consistant à se mouvoir a priori de manière autonome mais finalement toujours en direction des centres urbains surpeuplés où l'individu se perd et disparait au cœur de foules grouillantes.



Toujours sur l'idée d'une humanité en mouvement permanent, de nombreux plans de caméras embarquées peuvent se coller les uns aux autres dans de longs travellings aux véhicules différents (taxis, voitures, camions, remorques, trains, tramways, vélos, bateaux, ascenseurs, etc.).



L'homme bute ainsi sur les frontières, la frontière Mexique-USA étant la plus visuellement violente que nous ayons traversée.



Immobilité songeuse

A contrario, beaucoup de plans montrent aussi une humanité au regard absent, absorbé par ses pensées entre la neurasthénie et la rêverie, la fatigue et la contemplation amusée, l'attente ou le repos. Ces scènes représenteront des temps de pause dans la narration même du film, comme de logiques ou brutaux contrechamps fictifs de la vivacité des champs précédents.




Listes de scènes ou de sélections thématiques à incorporer au plan du film

Ahmed le gardien de camping sauvage / Seul portrait vidéo étoffé de multiples plans de son habitat rustique avec de plusieurs minutes d'interviews. Il semble contempler le monde du fond de sa tente.



Fêtes foraines presque artisanale en Birmanie et Indonésie / Ces images seront à employer comme une métaphore des boucles permanentes qui agitent le monde



Macaques Rhésus sur les toits des villes indiennes / Une vie naturelle totalement urbanisée se développe sur les toits des villes, observatrice et surplombante, elle semble offrir un point de vue sur la vie de ses cousins primates. On pourrait partir d'eux pour lancer une séquence de vues prises depuis les toits.



Vues des toits (descente des toits via ascenseur MVI_9568 qui pourrait s'enchaîner avec une série de plans caméra embarquée derrière des vitres - train, tramway, voiture, etc.).

Intercaler des plans d'installations, de créations ou de performances réalisées durant le voyage, Comme une rythmique, un rendez-vous. Adhan, Mehndi, Homo Sapiens Sapiens, Float Drop, techno griot, communication inappropriée, comment troubler le silence du désert.

l'eau (océan, mer, fleuve, rivière, cascade, canalisations, bateaux, vagues, etc.)

Animaux (En milieu naturel, domestiques ruraux, domestiques en milieu urbain, sauvages en milieu urbain)

Autre particularité récurrente, induite par notre matériel de captation (des boîtiers photographiques), beaucoup de personnes filmés, prennent des poses pour se faire photographier. Ces rushs nous éclairent sur cette manière universelle de se mettre en valeur, les postures et l'inventaire des signes de doigts qui complètent la pose (V, twix, jul, etc.).


Traitement du son

La bande son alternera entre pistes audio peu ou non modifiées, textures sonores sélectionnées et agencées en fonction de leur couleur harmonique, granulation et silences. Une approche spatiale (surround) de cette matière est clairement envisagé. L'idée générale est de ne pas créer de sons supplémentaires. De n'utiliser que les sons enregistrés durant le périple, de les monter de manière à enrichir la trame narrative du film. Si la plupart du temps, le son accompagne ou illustre les images, il passera parfois au premier plan et servira de support au montage de séquences vidéo. Ces allers-retours entre le visuel et l'audible sont volontairement influencé par le concept de synesthésie qui vise à immerger le spectateur dans un univers sensoriel et contemplatif.

Les rushs audio, constitué de plans larges et de plan rapprochés, sont pour le moment classé suivant la nomenclature suivante:

MÉLODIQUEmusiquechants
NATURELanimalminéralvégétal
URBAINmoteurbruittransport public
MIXTEbord de route
HUMAINvoixinterview
EXPÉRIMENTALtexturecuriosité sonorehydrophone, piezo
AUTRESradio/tvaccident
prod/creation/meta-projet/geocyclab-le-film.txt · Dernière modification: 04 09 2019 (modification externe)